L'alliance thérapeutique:
Une thérapie ne repose pas uniquement sur des techniques, des outils ou un courant théorique. Elle repose aussi sur la qualité de la relation qui se construit entre le patient et le professionnel.
L’alliance thérapeutique désigne cette relation de travail fondée sur la confiance, la sécurité, la collaboration et la compréhension mutuelle. Elle suppose également de pouvoir s’accorder sur ce qui amène à consulter, sur les objectifs du travail et sur la manière d’avancer ensemble.
Pour moi, cette alliance constitue une dimension essentielle de l’accompagnement. Un patient doit pouvoir se sentir suffisamment en confiance pour parler librement, exprimer ses difficultés, poser des questions, mais également dire lorsqu’il ne comprend pas, lorsqu’une proposition ne lui convient pas ou lorsqu’il n’est pas prêt à aborder certains éléments.
Une relation professionnelle, mais pleinement humaine.
L’alliance thérapeutique ne signifie ni complaisance, ni absence de cadre.
Le rôle du professionnel n’est pas de dire systématiquement ce que la personne souhaite entendre, ni de décider à sa place.
Il s’agit de créer un espace suffisamment sécurisant pour pouvoir regarder ensemble ce qui se joue, parfois questionner certains fonctionnements, repérer des mécanismes répétitifs et progressivement expérimenter d’autres façons de penser, de ressentir ou d’agir.
Certaines séances peuvent être soutenantes ; d’autres peuvent être plus confrontantes ou faire émerger des émotions importantes. Le cadre thérapeutique permet précisément que ce travail puisse avoir lieu sans jugement, dans le respect du rythme, des limites et de l’histoire de chacun.
Un travail construit ensemble.
Je considère le patient comme un partenaire actif de son accompagnement. Nous définissons ensemble les axes de travail, nous observons ce qui évolue, ce qui résiste, ce qui fonctionne ou non, et nous ajustons la prise en charge lorsque cela est nécessaire.
Il est également possible qu’une méthode initialement envisagée ne soit finalement pas la plus adaptée, qu’un objectif évolue ou qu’une difficulté nouvelle apparaisse au cours du suivi. Le travail thérapeutique n’est pas figé : il se construit et se réévalue au fil des séances.
L’objectif n’est pas de créer une dépendance au thérapeute, mais au contraire de permettre progressivement à la personne de mieux comprendre son propre fonctionnement, de développer ses ressources et de devenir plus autonome face aux difficultés rencontrées.
Et lorsque le lien thérapeutique ne fonctionne pas ?
Toutes les rencontres humaines ne produisent pas nécessairement une alliance thérapeutique suffisante. Cela peut arriver, et cela ne signifie pas qu’un patient ou qu’un thérapeute a « échoué ».
Une incompréhension, un désaccord ou une difficulté dans la relation peuvent parfois être travaillés ensemble. Mais lorsqu’il apparaît que le cadre proposé, la méthode ou la relation thérapeutique ne correspondent pas suffisamment aux besoins de la personne, il peut être préférable d’en discuter et, si nécessaire, d’envisager une autre orientation.
Une relation thérapeutique de qualité doit pouvoir laisser une place à cette parole.
La thérapie n’est pas quelque chose qui se fait “sur” une personne. C’est un travail qui se construit avec elle.